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Nous défendons la démocratie économique qui permet de réduire les inégalités sociales

lasotèNous exhortons à aborder la question du développement économique à l’échelle de la planète, non sous l’angle de la recherche effrénée de la croissance artificielle, mais sous celui d’une autre répartition des richesses, autrement dit celui de la réduction des inégalités. Le monde est en effet parvenu à un niveau tel de production que la question de la disponibilité des biens se pose de plus en plus en termes de répartition équitable.
Pendant longtemps, les économistes qui dominaient le débat en Occident ont argumenté sur le fait que le marché, pourvu qu’il s’accroisse sans fin, régulerait de manière quasi naturelle les grands équilibres sociaux, c’est-à-dire, notamment qu’il permettait de réduire les inégalités. Dès lors, il n’y avait plus qu’à patienter et attendre que « la main invisible » du marché s’occupe de tout, s’occupe de tous.
La crise de 2008 est venue, après bien d’autres, tempérer l’assurance de ces spécialistes mais pour nous la situation est toute autre. Pour nous la crise est quasi permanente depuis toujours et le chômage, endémique a depuis longtemps invalidé toutes les promesses démagogiques et toutes les prévisions imprudentes.
Or, la plupart des problèmes de notre société trouvent leur source dans le délabrement de notre économie et le chômage qui en découle. La question de l’emploi est donc une question centrale, non plus seulement à envisager sous le seul angle de la survie individuelle ou comme un indicateur de l’activité mais il interroge notre volonté d’exister ensemble, de continuer ensemble.
Dans ces conditions, malgré un discours et une pratique convenue, nous refuserons de compter uniquement et béatement sur la bonne volonté des entreprises pour résorber un chômage de masse. La Collectivité mettra en oeuvre une politique volontariste et n’attendra pas que des capitaux privés décident d’intervenir dans tel ou tel domaine en fonction de ses seuls intérêts privés. De ce point de vue, et en droit fil de la politique volontariste, il y aura lieu, entre autres, de créer une banque publique de développement pour d’une part orienter et soutenir les activités utiles à un développement endogène, la création d’emplois et le recul de notre dépendance, et d’autre part pour soutenir les activités répondant aux besoins essentiels/majeurs de la population.
Le capitalisme, système dominant chez nous et dans le monde, dont le pape François lui-même reconnaît le caractère insupportable pour l’humanité, nuit au développement de peuples entiers et met l’avenir de notre espèce en péril. Il y a urgence à évoluer vers un système mettant la femme, l’homme et la nature, leur épanouissement et leur préservation en son coeur même.
Puisqu’il faut répondre à court terme à la situation concrète d’ici et de maintenant, la future collectivité devra avoir comme priorité absolue de peser elle-même de tout son poids pour aider à développer une économie au service des besoins sociaux et créatrice d’emplois. L’État et les forces qu’il représente portent l’entière responsabilité du désastre social que vivent beaucoup. Il lui revient de prendre en charge celles et ceux qu’il a laissés sur le bord de la route.
À titre d’illustrations des choix économiques à promouvoir, il s’agira de tendre vers une sécurité économique en aidant le développement de l’agriculture biologique, en favorisant l’artisanat et les petites entreprises qui jouent un rôle essentiel dans la création de richesses et d’emplois, en orientant le tissus économique vers des activités à haute valeur ajoutée en phase avec le niveau de formation de la jeunesse Martiniquaise.
Nous pensons que la tâche est immense pour développer notre pays et qu’il est aussi intolérable qu’absurde qu’une part importante de la population, notamment les plus jeunes, soit écartée de l’activité. L’ampleur des enjeux nous conduit cependant à exiger des entreprises martiniquaises un comportement à la hauteur des défis qui s’imposent à nous en matière de cohésion sociale. Le résultat de nos exigences dépendra de la conjonction de la vigilance et de la mobilisation tant des institutions que de la population elle-même.
Ces enjeux doivent aussi conduire une Collectivité fidèle à l’intérêt collectif à créer des entreprises type SPL (société publique locale) ou SEM (société d’économie mixte), à encourager concrètement les initiatives comme les SCOP ou les divers types de coopérative associant les collectivités.
Les avantages de ce type de structures sont évidents en termes de démocratie, de motivation, d’équité et d’expérimentation. Ces structures sont aussi un moyen d’encourager des productions non délocalisables et non aliénables. On en connaît aussi bien entendu les limites et les dérives possibles. Face aux risques en question, la solution n’est pas le repli frileux par méfiance à l’égard de nous mêmes. La solution est au contraire d’oser mettre en oeuvre des mécanismes innovants. L’axe que nous mettrons en avant, là comme partout où sont en jeu le bien commun c’est l’axe de la mobilisation et du contrôle des citoyens, seul moyen de lutter contre la corruption, la « profitation » grande ou petite, le gaspillage, le copinage clientéliste, le « je m’enfoutisme ».

 
 

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